Faut-il privilégier un avocat cultivé au Guatemala ou en Guadeloupe ? Existe-t-il une saison idéale pour le déguster ? Un choix est essentiel pour une consommation plus responsable. Éclairages avec des experts.
L’avocat, star des réseaux sociaux et des restaurants à la mode, s'affirme comme un incontournable de la cuisine saine. En France, la consommation de cet aliment a connu une hausse significative : en 2017, plus de 122 000 tonnes ont été consommées, faisant de la France le leader européen. Cependant, cette popularité entraîne des conséquences. "L'augmentation des importations peut nuire aux petits producteurs, souvent sous la menace des narcotrafiquants", précise Antoine Rochard de la fondation Goodplanet. De plus, la production d'avocats soulève des questions écologiques, notamment en matière de déforestation et de pollution. Mais comment consommer cet aliment de manière responsable ? Voici quelques pistes.
Préférer l'agriculture biologique
Lors de l'achat, optez pour l'agriculture biologique. Elle utilise moins d'eau que les méthodes conventionnelles, où la culture d'un avocat nécessite environ 70 litres d'eau, comparé à seulement 5 litres pour une tomate. "La méthode bio protège les sols de l'érosion, ce qui est essentiel pour une agriculture durable", rappelle Antoine Rochard. De plus, les pratiques biologiques minimisent l'utilisation de pesticides, préservant ainsi la qualité des nappes phréatiques.
Les origines à privilégier
Les variétés d'avocat les plus populaires incluent la Hass, connue pour sa peau fine, et la Fuerte, qui est plus grande et résistante aux conditions de transport. D'importantes récoltes se font également en Europe, notamment en Espagne et en Israël, mais aussi dans les DOM-TOM. Chaque année, la Guadeloupe produit environ 73 tonnes d’avocats, tandis que la Martinique en atteint 128 tonnes. "Choisir des avocats d'origine locale peut réduire l'impact environnemental tout en soutenant l'économie locale", souligne Rochard.
Quand consommer l'avocat ?
Bien qu'on trouve des avocats en toute saison, il est recommandé de privilégier l'hiver, en lien avec les cycles de production des pays d'Amérique du Sud. Cela pourrait aider à réduire la demande excessive qui existe actuellement. "Des produits locaux peuvent offrir des bienfaits nutritionnels similaires, par exemple l'huile d'olive qui est bénéfique pour le cœur", conclut Sophie Vidal, diététicienne. Il est donc possible de savourer des plats riches tout en respectant la planète.
(1) Fondation Goodplanet, créée en 2005 par Yann Arthus-Bertrand.
(2) Chiffres issus de l’Interfel, représentant la filière des fruits et légumes frais.







