Une étude américaine récente met en lumière l'énorme potentiel d'acceptation parmi les consommateurs pour une nouvelle catégorie de produits alimentaires : ceux élaborés à partir d'ingrédients que nous avons tendance à jeter.
Actuellement, plus d'un tiers des aliments produits dans le monde ne sont jamais consommés, se retrouvant pour la plupart dans nos poubelles, mais également dans celles des industries où de nombreux ingrédients sont gaspillés durant le processus de fabrication. De plus, des denrées alimentaires jugées « moches » sont souvent écartées des rayons des supermarchés. Ce gaspillage devient d'autant plus préoccupant quand on considère qu'en 2016, 815 millions de personnes souffraient de la faim, un chiffre en hausse de 38 millions comparé à 2015, selon le rapport de l'OMS et de l'UNICEF.
Le terme « recyclé », mieux perçu par les consommateurs
Une équipe de chercheurs de l'Université de Drexel a cherché à évaluer la volonté du public de consommer des produits à base d'aliments gaspillés. Les résultats, publiés dans le Journal of Consumer Behavior, révèlent une attitude très positive.
Pour mieux comprendre le processus décisionnel des consommateurs, les scientifiques ont passé en revue trois aspects : la description du produit, l'étiquette, et le bénéfice ressenti, que ce soit pour soi-même ou pour autrui, en choisissant des aliments mis à rebut. Dans la première phase de l'étude, des participants ont été confrontés à trois catégories d'aliments : conventionnel, biologique et « recyclé ». Ils ont ensuite identifié la catégorie « recyclé » comme unique et distincte des autres, estimant que ces produits apportaient un bénéfice environnemental supérieur à celui des options traditionnelles, mais inférieur à celui des produits biologiques.
Les chercheurs ont également évalué huit types d'étiquettes pour voir lesquelles étaient perçues de manière favorable : recyclés, améliorés, rééchelonnés, retraités, récupérés, traités, recourus et secourus. L'étiquette « recyclés » a gagné le plus d'approbation, suivie par « retraités ». Dans l'évaluation finale, les participants ont noté que consommer des produits « recyclés » offrait davantage d'avantages pour la collectivité que pour leur propre situation.
Cette recherche souligne le potentiel immense d'acceptation de ces nouveaux produits par les consommateurs. Les auteurs de l'étude soutiennent que les aliments issus de la récupération de denrées jetées contribueront à alimenter la population, à générer des emplois et à atténuer l'impact environnemental des ressources gaspillées.







