Accueil chaleureux, cuisine française traditionnelle, formule à bas prix… Les relais routiers se hissent sur le devant de la scène gastronomique. Ce phénomène coloré s'étend jusqu'au chic XVIe arrondissement de la capitale.
En 1934, le journaliste François de Saulieu découvre la solitude des chauffeurs de camions lors d'un reportage. Avec son collègue Louis Navière, il fonde un journal, Les Routiers, pour les représenter. Ne trouvant pas le temps d’en lire les pages, ils imaginent alors des lieux confortables où ces publications seraient en libre-service. C'est ainsi que naissent les relais routiers. Le macaron rouge et bleu Les Routiers orne depuis les façades d’environ 600 établissements le long des routes nationales, promettant aux conducteurs et voyageurs hospitalité et plats généreux à des prix compétitifs.
Un concept qui roule depuis plus de 80 ans
Depuis sa création, le journal, désormais magazine, continue d’être publié chaque mois. Laurent de Saulieu, petit-fils de François, dirige la chaîne aujourd'hui. "La fréquentation des relais augmente ces dernières années", souligne-t-il. Le label Les Routiers est attribué uniquement aux établissements respectant des critères stricts : large parking, sanitaires, et un menu complet compris entre 12 et 14 euros. Ce tarif est pensé pour permettre aux chauffeurs de s'alimenter sans se ruiner.
Dans la tradition des relais routiers, la qualité des plats n’est pas laissée de côté. Ils offrent un déjeuner copieux pour un prix très raisonnable. À Paris, certaines enseignes comme Aux Bons Crus et Les Marches se distinguent avec des formules légèrement plus élevées, mais restent dans l'esprit du concept.
La convivialité au cœur de l'expérience
ces établissements, même rénovés, conservent l’esprit convivial des relais routiers. À Bourges, par exemple, la simplicité est de mise avec des menus imprimés sur les sets de table. À Paris, la maire de l’enseigne Les Marches, Margot Dumant, souligne l'importance d'un service accueillant et familier. "Nous accueillons tous types de clients : ouvriers, avocats, familles. Ici, chacun est traité sur un même pied d’égalité, dans une atmosphère chaleureuse et informelle", dit-elle.
"S'arrêter ici, c'est retrouver un contact humain. Les clients apprécient de venir à leur aise, sans chichi", partage Laurent de Saulieu.
Une carte aux saveurs traditionnelles
La carte des relais routiers se veut fidèle à la cuisine française. On y trouve des grands classiques tels que la tête de veau, le steak au poivre, et le saucisson brioché, tous préparés avec soin et sincérité. "Chez nous, pas de surprises, c'est la garantie d'un repas authentique", insiste Margot Dumant.
Cette passion pour la cuisine familiale repose aussi sur l'utilisation de produits locaux et de qualités, souvent à bas prix. Laurent de Saulieu conclut avec conviction : "Nous restons attachés à nos racines, et nous ne suivrons jamais les tendances éphémères. Un relais routier est et doit rester un repère de la gastronomie française authentique".







