Après avoir eu des filles, vous espérez avoir un garçon ? Certains affirment qu'un changement alimentaire pourrait influencer cela. Mais que valent réellement ces régimes « fille » ou « garçon » ? Voici un tour d'horizon de cette pratique controversée.
Un régime spécifique et contraignant
Élodie, 34 ans, espérait avoir un garçon après sa fille. Suivant le régime du Dr François Papa, elle a modifié son alimentation pour mettre toutes les chances de son côté. Avec l'accompagnement de son gynécologue, le Dr Benlolo, elle a entamé cette démarche quatre mois avant la conception. Son régime se basait sur une augmentation de la consommation de charcuteries, en évitant scrupuleusement les produits laitiers. Le sel, en particulier, était recommandé pour favoriser le sexe masculin. Les restrictions incluaient un éventail d'aliments, notamment celui des fruits et légumes sains.
En revanche, pour celles désirant une fille, les produits laitiers deviennent incontournables. Des études évoquent que les différences de régime alimentaire pourraient influencer le sexe de l’enfant. Cependant, Élodie évoque la rigidité de cette méthode, la poussant à envisager d'y renoncer.
Une théorie aux fondements contestés
Les suggestions diététiques pour choisir le sexe d’un enfant trouvent leurs racines dans des recherches des années 60 du chercheur français Joseph Stolkowski. Ses travaux initialement réalisés sur des espèces animales étayaient l'idée que le rapport entre certains minéraux pouvait influencer le sexe à naître. Bien que Dr Papa ait obtenu des résultats encourageants, ses prétentions reposent sur des études aux échantillons limités, sans validation rigoureuse.
Le professeur Israël Nisand, au CHU de Strasbourg, reste sceptique. Selon lui, seul un tri de spermatozoïdes avant la fécondation pourrait garantir le sexe souhaité, une pratique illégale en France. Dans son ouvrage, Claude Humeau relaye que plusieurs superstitions anciennes sur la procréation perdurent, mais ne reposent sur aucune base scientifique solide. D’ailleurs, la date de conception semble jouer un rôle prépondérant, scientifiquement étayé, dans le choix du sexe.
Les risques liés à ces régimes
Les consignes alimentaires strictes du Dr Papa peuvent conduire à une carence nutritionnelle. Élodie a remarqué une baisse significative de son taux de calcium, essentiel à la santé osseuse. Florence Foucaut, diététicienne, alerte sur les dangers potentiels de ces régimes, tant au niveau de la santé que de l’impact sur la vie sociale des femmes qui s’y soumettent. Le suivi d’un professionnel est donc primordial pour éviter les effets indésirables.
Il est crucial de ne pas improviser un tel régime sans conseils appropriés. Le Dr Papa insiste également sur la personnalisation du régime, car il doit s’adapter aux goûts et besoins de chaque femme. Ainsi, même si l'espoir est de mise, il est essentiel de garder à l’esprit que le désir d’un enfant de tel sexe n’est pas garanti et demeure soumis aux aléas de la nature.







