Dans une vidéo YouTube, le Dr Nick Norwitz, étudiant en médecine à Harvard et titulaire d'un doctorat en métabolisme cérébral de l’Université d'Oxford, partage son expérience audacieuse : consommer 720 œufs en l'espace d'un mois pour déterminer les effets sur son taux de cholestérol.
Les œufs, très riches en cholestérol – environ 186 milligrammes par unité – font l'objet de débats intenses depuis des décennies. Une étude de 2019 publiée dans la revue JAMA a établi un lien modéré entre la consommation d'œufs et des aliments riches en cholestérol, tels que la viande rouge, et le risque de maladies cardiovasculaires. De ce fait, plusieurs institutions, dont l’Institut de cardiologie de Montréal, recommandent de limiter leur consommation à trois ou quatre par semaine. D'autres scientifiques, cependant, soutiennent que les œufs peuvent combats le mauvais cholestérol (LDL). Selon ces experts, lorsque le cholestérol pénètre dans les intestins, il interagit avec des récepteurs cellulaires, entraînant la libération d'une hormone dite cholésine. Cette hormone se rend alors au foie pour réduire la production de LDL, participant ainsi au maintien d’un bon équilibre sanguin.
la mise à l'épreuve
Pour tester ces théories, le Dr Norwitz a décidé de sacrifier son corps sur l’autel de la science. En intégrant 24 œufs par jour à son alimentation variée – œufs brouillés, au plat, durs et en omelette – il espérait vérifier une hypothèse. "J'ai réalisé cette expérience pour plusieurs raisons, mais surtout pour explorer une hypothèse scientifique", explique-t-il dans sa vidéo.
À la surprise générale, il déclare que son taux de LDL a diminué de 2 % après les deux premières semaines, puis de 18 % à la période suivante, malgré un apport alimentaire en cholestérol largement augmenté. "Mon cholestérol LDL a effectivement diminué, même après avoir quintuplé ma consommation", s’enthousiasme-t-il.
adapter son régime
Bien que essentiellement axé sur la consommation d'œufs, le Dr Norwitz a poursuivi son régime cétonique habituel. Ce régime, riche en graisses et pauvre en glucides, vise à réorienter l’utilisation de l'énergie dans le corps. Deux semaines après le début de son expérience, il a introduit environ 60 grammes de glucides par jour, principalement via des fruits comme les bananes et les myrtilles.
Il explique que cette augmentation de glucides pourrait jouer un rôle dans la réduction du cholestérol, car, selon les études, un régime pauvre en glucides est souvent associé à une élévation des niveaux de LDL. Au contraire, une diète riche en glucides favoriserait une baisse de LDL, favorisant une utilisation énergétique plus efficace.
réactions des internautes
La vidéo a suscité un vif intérêt avec plus de 200 000 vues et de nombreux commentaires. "Mes grands-parents ont vécu jusqu’à près de 100 ans en consommant beaucoup d'œufs, sans jamais prendre de médicaments", note un internaute. D'autres ajoutent que leur consommation d'œufs n'a jamais eu d'impact négatif sur leur santé.
Cependant, il est essentiel de garder en perspective que cette expérience individuelle ne devrait pas être reproduite de manière inconsidérée. Les recommandations sanitaires actuelles stipulent que les personnes en bonne santé peuvent consommer jusqu'à six œufs par semaine, incluant ceux présents dans des plats comme les gâteaux ou les quiches.
prendre en compte le cholestérol
Le cholestérol joue un rôle fondamental en structurant les membranes cellulaires et en participant à la synthèse hormonale. La majorité du cholestérol nécessaire est synthétisée par le foie et le reste provient de l'alimentation.
Pour transporter le cholestérol dans le sang, deux types de lipoprotéines sont impliquées : les HDL, qui préviennent l’accumulation de plaques d’athérosclérose, et les LDL, qui peuvent entraîner de tels dépôts sur les artères. L'Assurance maladie fixe des seuils de cholestérol : idéalement, le cholestérol total doit être inférieur à 2 g/l, tandis que celui des HDL devrait excéder 0,4 g/l.







