Il lance une nouvelle collection de livres, célèbre un quart de siècle d'excellence à Monaco... Mais un chef multiétoilé, éditeur à succès et homme d'affaires comblé, que rêve-t-il réellement et que redoute-t-il ?
"Le chef va vous recevoir dans l'aquarium", annonce le concierge. Une image intrigante s'impose alors. Après avoir traversé le hall, suivi des serveurs dans une série de couloirs étroits bruyants, nous arrivons enfin aux cuisines du Plaza Athénée, flamboyantes et brillantes. Une double porte vitrée nous conduit dans une pièce cernée de brique et de lumière, l'aquarium.
L'homme pressé
De retour d'un tour du monde pressé de sept jours, Alain Ducasse affirme que son métier, bien qu’exigeant, est avant tout une passion. "Nous ne parlerons pas de moi mais de la gastronomie en France, de ces talents à soutenir !", déclare-t-il. Même si sa carrière est parsemée de succès, il reste animé par une insatiable curiosité. Loin de parler de ses réussites, il préfère évoquer ses découvertes gastronomiques. "Je suis obsédé par les découvertes. Chaque rencontre nourrit ma créativité".
Ce goût pour l’exploration l’a également conduit à découvrir des lieux insolites, comme un restaurant à soba sous un pont à Osaka ou une ancienne gare en Émilie-Romagne. Chacun de ces endroits mérite d'être partagé, et c'est ce qu'il projette de faire dans son prochain livre.
Collège culinaire
Engagé sur tous les fronts, Ducasse fait preuve d’un fort leadership. Après la catastrophe du tsunami au Japon, il a encouragé ses équipes à rester, soulignant la nécessité de solidarité dans les moments difficiles. Concernant les finances, il affirme : "Je ne me considère pas comme riche, je suis riche de mes expériences".
Alors que le dessert se révèle sous la forme de délicieuses framboises, il se montre soucieux de préserver ses capacités physiques et mentales, évoquant son accident d’avion en 1984 : "Perdre son autonomie, c’est se désocialiser. Cela peut arriver à quiconque". Sa détermination le pousse à lancer des formations pour les jeunes de banlieue.
Ducasse, tout en préservant une part de mystère sur sa vie familiale, évoque ses projets avec enthousiasme, notamment l'ouverture d'un collège culinaire à Paris. À 56 ans, son dynamisme est contagieux. Alors qu'il admire le ciel bleu, il murmure, un brin fauteur d’ombre, "On serait mieux à Saint-Tropez, non ?".







