La grand-messe du beaujolais nouveau a vibré toute la nuit dernière.
À minuit une, les premières bouteilles de beaujolais nouveau ont été débouchées dans les bars et restaurants, tant en France qu’à l’étranger. En ce troisième jeudi de novembre, ce vin léger et expressif est célébré avec un petit twist : une nouvelle variété rosée. Selon Brunio Quenioux, sommelier au Lafayette Gourmet, ce vin se distingue par ses arômes de banane et de fraise, tandis que certains, comme le restaurateur Jean Frédéric Guidoni, n’hésitent pas à le critiquer. Le site dédié au beaujolais (www.beaujolaisnouveautime.com) conseille de ne pas se compliquer la vie et de profiter de ce vin, récolté en septembre, au frais, mais à consommer dans les six mois suivant sa mise en bouteille.
Un vin de rassemblement
Le beaujolais nouveau est devenu plus qu’un simple vin : c'est un événement social. De nombreuses entreprises l'utilisent pour renforcer la cohésion au sein de leurs équipes. Dominique Piron, viticulteur et vice-président de l'Inter Beaujolais, partage que ses ventes de 3 000 bouteilles pour un événement d’entreprise sont un exemple parmi tant d'autres.
Des célébrations à travers l'Europe
Chaque année, environ 50 millions de bouteilles sont débouchées lors de festivités, attestant du phénomène socioculturel qu'est le beaujolais nouveau. À Beaujeu, plus de 10 000 personnes ont pris part à la 19ème édition des Sarmentelles. De Moscou à Milan, en passant par Prague, des manifestations sont organisées, attirant des amateurs de vin du monde entier. L'édition 2023 se distingue avec 400 000 bouteilles de beaujolais rosé, testé l’année dernière au Japon, visant une clientèle féminine désireuse de se démarquer.
Face à une concurrence accrue, d'autres régions de France et même l’Italie commencent à s’aligner avec des événements similaires, mais s'attaquent encore à la notoriété du beaujolais nouveau. Les producteurs se retrouvent face à un choix crucial : continuer de miser sur ce produit emblématique ou faire briller d'autres crus de l'appellation. En effet, de nombreux vignerons éprouvent des difficultés financières, et les vins les plus raffinés de l'appellation peinent à se vendre sur des marchés où le beaujolais est roi.







