Une étude récente de l'Université Cornell met en lumière la persistance de la contamination par l'E. coli dans la laitue romaine, un problème qui survient bien avant sa consommation. En effet, c'est l'utilisation d'eau d'irrigation non traitée qui est souvent pointée du doigt.
Les professeurs Renata Ivanek et Martin Wiedmann ont conduit cette recherche, révélant des failles dans les pratiques agricoles actuelles. L'irrigation par aspersion, courante dans de nombreux champs, offre des opportunités de contact entre l'eau contaminée et les feuilles de laitue, augmentant ainsi les risques pour le consommateur.
des alternatives plus sûres… mais coûteuses
Renata Ivanek souligne : « Il n'existe pas une seule intervention qui nous sauvera tous. » Les chercheurs recommandent d'explorer des méthodes d'irrigation alternatives, telles que le goutte-à-goutte ou l'irrigation par sillons, qui minimisent le contact avec l'eau contaminée. Toutefois, ces techniques nécessitent des investissements que tous les agriculteurs ne peuvent pas se permettre.
De plus, l'irrigation par aspersion reste populaire pour sa facilité, notamment durant les périodes de chaleur intense. Cependant, l'irrigation n’est pas le seul coupable. L'étude met également en avant l'importance cruciale de la chaîne du froid post-récolte, où des températures mal contrôlées durant le transport peuvent favoriser la prolifération des bactéries.
le consommateur face à la vulnérabilité
Les auteurs de l'étude appellent donc à une révision des pratiques agricoles et de la gestion après récolte. Bien que le système alimentaire américain soit parmi les plus sûrs au monde, il reste des domaines à améliorer. En attendant ces changements, le consommateur demeure exposé à des risques. Même une laitue soigneusement lavée et bien conservée peut être contaminée à la source et ne pas représenter un gage de sécurité.
Martin Wiedmann conclut : « Les efforts doivent se concentrer sur la réduction de la contamination dès l'eau d'irrigation, l'efficacité des lavages en transformation et l’amélioration du contrôle de la température durant la distribution. »
Renata Ivanek ajoute que la chaîne d'approvisionnement alimentaire doit continuer à évoluer pour accroître encore sa sécurité.







