Une récente étude française met en lumière le lien entre certains additifs alimentaires et l'augmentation du risque de cancer. Le professeur Bernard Srour nous éclaire sur les additifs à surveiller.
Une étude approfondie, publiée le 13 février dans la revue PLOS Medicine, a mis en évidence que les aliments ultra-transformés, souvent riches en additifs, favorisent le développement de cancers. Ces additifs, classés comme «émulsifiants», sont utilisés pour améliorer la texture et prolonger la conservation des aliments. Mais quels sont-ils vraiment et où les trouve-t-on? Bernard Srour, co-auteur de l'étude et expert en épidémiologie, nous offre des éclaircissements.
Les risques associés aux émulsifiants
Pour mieux comprendre ce phénomène, les chercheurs ont suivi pendant près de huit ans les habitudes alimentaires de 92 000 adultes, dont 79% de femmes, dans le cadre de la cohorte NutriNet-Santé. Les résultats ont révélé que deux types d’émulsifiants augmentent significativement le risque de cancer : les mono- et diglycérides d'acides gras et les carraghénanes. Une consommation quotidienne des premier émulsifiant a été associée à une hausse du risque de cancers du sein, de la prostate et globalement, de tous les cancers. De même, la prise régulière des carraghénanes est liée à un risque accru de cancer du sein.
Des produits à surveiller
Alors, où trouve-t-on ces additifs nuisibles? Selon Bernard Srour, ils sont souvent présents dans des produits courants tels que certaines glaces, yaourts, sauces industrielles, madeleines, gâteaux, barres chocolatées, biscottes et margarine.
Pour identifier ces additifs, il est crucial de lire scrupuleusement les étiquettes. Recherchez les termes «mono- et diglycérides d'acides gras» et «carraghénanes», ainsi que les codes E471, E407 et E407A.
Pour réduire leur consommation, il est conseillé de choisir des produits sans ces additifs. Plus largement, il est sage de privilégier une alimentation riche en produits peu transformés et de limiter la consommation d’aliments industriels.
(1) Bernard Srour est également coordinateur du réseau NACRe, qui se penche sur les liens entre alimentation et cancer.
*Le projet NutriNet-Santé est toujours ouvert à de nouveaux participants souhaitant contribuer à l’analyse des habitudes alimentaires et leur impact sur la santé. Plus d’informations sur le site officiel.







