Nous les consommons à l’envi, malgré notre connaissance de leurs effets nocifs. Les aliments ultratransformés envahissent notre quotidien, mais qu'est-ce qui rend leur attrait si irrésistible ? Un documentaire d'Arte nous invite à plonger au cœur de ce phénomène.
Pizzas surgelées, sodas, bonbons... Les aliments ultratransformés sont pratiques, abordables et séduisants. Leur goût addictif les rend difficiles à ignorer, même lorsque l’on est conscient de leurs dangers pour notre santé. La question se pose donc : pourquoi continuons-nous à en consommer ? Des recherches menées par des experts, mises en lumière dans le documentaire "Tous accros : le piège des aliments ultratransformés", apportent des réponses.
Le point de félicité : science et plaisir gustatif
Dans les années 1970, la révolution des aliments industriels s’accompagne d’une quête pour améliorer leur saveur. Le psychologue Oward Moskowitz a mené des études approfondies en concoctant 45 sauces, cherchant à découvrir le fameux point de félicité : le moment où l’ajout de sucre, de sel ou de matières grasses atteint son maximum d’impact sur le plaisir gustatif. “Plus on a d’ingrédients plaisants, plus les consommateurs se régalent, jusqu’à un seuil où cela devient contre-productif”, explique-t-il. Ce point optimal est désormais une référence pour les industriels.
Renaissance des recettes pour le bonheur des consommateurs : la production d’aliments ultratransformés connaît un essor fulgurant. Pour les rendre toujours plus irrésistibles, les entreprises alimentaires font appel à des spécialistes qui identifient ce seuil de plaisir. Au fil des années, des ajustements fins en termes de sucre et de sel ont fait de ces produits des incontournables de notre régime alimentaire.
Marketing et stratégie : l'inspiration des géants du tabac
Les années 1950 marquent l’arrivée des premiers plats transformés, et les grands entreprises s’inspirent des techniques de marketing des fabricants de tabac, experts dans l’art de faire désirer un produit. Ils ont su transformer des denrées banales en objets de convoitise à l’aide d’emballages colorés et d’éléments attractifs comme des arômes artificiels et des mascottes. De nouveaux goûts, tailles et variations de produits sont constamment introduits pour attirer divers segments de consommateurs, y compris les plus jeunes.
Une illustration frappante est fournie par Laura Schmidt, spécialiste en santé publique. Elle évoque l’exemple d'Hawaiian Punch, initialement conçu pour les adultes, qui a été repensé comme une boisson pour enfants par l'entreprise de tabac RJ Reynolds. “Ils ont appliqué les mêmes stratégies que dans l'industrie du tabac à la nourriture”, pointe-t-elle. Une transformation qui montre à quel point les mécanismes de séduction peuvent être puissants.







